mercredi 5 octobre 2011

LE GUIDE ROUTIER DE L EUROPE CISTERCIENNE


En avant première, grâce à Bernard Peugniez son auteur...la couverture et les  trois premiers extraits de cet ouvrage exceptionnel dont la parution est imminente. Nous le remercions vivement pour cet émouvant cadeau, fruit de plusieurs décennies d'exploration passionnée!

Quatrième de couverture:

L'auteur
Bernard PEUGNIEZ est né en 1947. Ancien directeur d'association du secteur médico-social, conseiller auprès du président de la Charte européenne des abbayes et sites cisterciens, il a publié plusieurs ouvrages dont le Routier des abbayes cisterciennes de France (1994) et le Routier cistercien (France, Belgique, Suisse et Luxembourg), aujourd'hui épuisés.

Ce guide référence l'ensemble des abbayes cisterciennes à travers toute l'Europe.
Pour chaque notice, on retrouve:
-les contacts utiles (adresse, téléphone, lien internet)
-les ressources hôtelières et gastronomiques liées au site lui-même
-un bref historique et un descriptif des lieux (architecture, actualité, animation...)
-et surtout l'approche personnelle et le regard passionné de l'auteur

*Ouvrage colossal, fruit de 40 années de pérégrination et de fidélité à Cîteaux
*2200 sites référencés, 115 cartes détaillées par région ou entité géographique
*Très riche iconographie


Page introductive:
PAYS DE LOIRE




Ces provinces ont été célébrées par les poètes pour leurs rivières dont les berges sont peuplées de magnifiques châteaux, ainsi que pour leurs sites remarquables. La douceur du climat et la fertilité du sol en ont fait le plus beau jardin de France.

Aussi, les monuments connus et méconnus s'intègrent ici dans une campagne bocagère riche d'histoire. Les églises et les abbayes qui constellent le sol de ce pays sont pleines d'authenticité et de vérité. Le tuffeau blanc et ocré, le schiste, la tuile plate ont produit une architecture diversifiée, d'une qualité exceptionnelle. Que ce soit Fontevraud, la cité aux cinq monastères, que ce soit la plus petite église de campagne, ces créations artistiques ont en commun leur élégance, l'équilibre des volumes et la finition des détails. Un air léger et une tendre lumière accompagnent cette finition pour déclencher l'émotion esthétique… Non seulement on admire, mais en plus on savoure…!

Le cadre choisi pour édifier les abbayes cisterciennes est, ici plus qu'ailleurs, très frappant. Toutes furent construites en des endroits où règnent, aujourd'hui encore, solitude et silence. L'eau n'y manque pas. Étangs, ruisseaux et puits contribuent au charme de ces sites vénérables : Fontaine Daniel, La Boissière, Le Loroux, Bellebranche, Perseigne, Champagne, Trizay   ... et encore L'Épau ou Clairmont, qui gardent, toutes deux, des ensembles remarquables, quoique inégalement mis en valeur. La première est plus élégante et plus visitée, la seconde plus austère et plus sauvage, ce qui ne veut pas dire moins belle et mystérieuse. Quant à Melleray, au milieu des bois et des étangs, derrière de hauts murs de pierre, elle dissimule paisiblement le secret de sa vie monastique ; car il y a là, véritablement, un secret. Que ce secret reste à dire à ceux-là pour qui tout reste à trouver, si toutefois ils cherchent !





Notice consacrée à Trizay en Vendée:
TRIZAY (STE-MARIE-DU-GUÉ)
St Vincent-Puymaufrais, 18 km N.Luçon
Propriété privée.
Contact : Abbaye de Trizay F-85480 St-Vincent-Puymaufrais
Tel. 02 ++ ++ ++ ++/06 ++ ++ ++ ++
Ouvert au public lors des Journées du patrimoine et sur rendez-vous. Ateliers et stages (sculpture, peinture). Peintures, photographies et livres en vente.

Ligne Pontigny.
Trizay fut fondée vers 1137 par Hervé de Mareuil, au bord du Lay. Le site est celui d'un gué, d'où le nom de ‘S.M.de Vado’. En 1156, l'abbé Jean s'unit à Isaac de l'Etoile pour fonder dans l'île de Ré, ce sera N.D.des Châteliers. En 1568, l'abbaye, prise et incendiée, ne devait jamais se relever. Malgré l’étendue de ses propriétés (granges, métairies, moulins, rentes et terrages, hôtels) répartis sur 18 villages, ses revenus étaient insuffisants et l'indifférence des abbés commendataires empêcha une restauration efficace qui commencera finalement vers 1765 mais ne sera jamais achevée. La Révolution n'eut plus que 5 moines à disperser.
Un grand nombre de bâtiments a disparu. Ceux qui restent, à l’exception de l’aile conventuelle et du chœur de l’église, ont perdu de leur hauteur d’origine. Pourtant, l’ensemble subsistant demeure imposant. L'église abbatiale, qui a longtemps servi de grange - les moines y avaient déjà installé pressoir, cellier et grenier à blé ! -, est percée de grandes baies en arc brisé. Sa façade est épaulée par deux contreforts entourant la porte en arc brisé sans tympan. Les croisillons du transept ont disparu, le chevet plat est appuyé par deux contreforts. Malheureusement, il s'effrite et voit ses assises se desceller. L’aile des moines ne possède plus que les murs extérieurs, on y reconnaît la salle capitulaire protégée par un toit de tuiles. L’habitation occupe l’aile sud (chauffoir, cuisine, réfectoire). On peut y voir les restes d'une dalle funéraire, ainsi qu'une colonne et un chapiteau (13e s.). Le cloître a disparu, cependant l'emplacement du puits est respecté.
Depuis 2008, la situation de Trizay a changé significativement. De nouveaux propriétaires ont décidé de rendre Trizay aux Vendéens. Ils en ont fait leur résidence principale et Patrick Cottencin y a installé son atelier. Ce sculpteur et peintre a plus d’une idée dans sa besace et œuvre pour une vie nouvelle de l’abbaye qu’il veut ouvrir largement. Que ce lieu ressource et fédère les êtres et les esprits. La spiritualité cistercienne a toujours intégré deux complices, l’ombre et la lumière. S’il y a des ombres au tableau pour revitaliser le site et l’environnement, en contrepartie des lumières viennent apporter du crédit à cet équilibre fragile. Il y a, bien sûr, les huiles de Patrick qui illuminent l’église et les salles de la demeure, il y a aussi Diane, passionnée d’art et d’histoire, qui épaule l’aventure. Trizay sera sauvée grâce à cette complicité sans ombre, sauf celle d’eux-mêmes ! Vous rencontrerez peut-être un jour leur véhicule tout terrain, ancienne ambulance de l’armée britannique, décoré de lettrines enluminées de manuscrits monastiques. Difficile de ne pas reconnaître ce véhicule spécial qui partira bientôt à la chasse des abbayes cisterciennes perdues au fond des solitudes de l’immense Europe. En quelque sorte l’allié indispensable du Routier pour la prochaine édition.

3 commentaires:

Christophe Prat a dit…

Quel immense plaisir d'apprendre un peu plus sur ce lieu qui vous a choisis, Diane et Patrick. Mais aussi, ce lieu que vous avez choisi pour donner un exemple... Je vous admire pronfondément, vous les Bienfaiteurs de l'abbaye de Trizay.

Bien à vous,

Christophe

Diane a dit…

Cher Christophe,

Merci pour votre venue et vos mots.

Nous aimons ce lieu de tout coeur, lui qui nous offre tant de belles rencontres et un chemin personnel aussi.

Les bienfaiteurs , c'est nous tous ensemble.

Ce sont tous les visiteurs qui devenus des amis nous aident à en accueillir d'autres, des synergies de passionnés.

Une organisation concrète, un état d'esprit positif, qui permettent de trouver la route belle, sans se soucier de l'immensité de la tâche..

ora et labora, prie et travaille, avec la joie du partage, des surprises et sans doute un grain d'innocence.

patrick a dit…

Cher Chrstophe, merci pour vos paroles si simples et si puissantes de sensation, quel encouragement, cela vient de m'arrêter net dans mon élan d'activité, je viens de terminer deux pièces, vider laver pour autre chose, l'espace, le renouveau. C'est externe et interne tout se fait de concert, entre fatigue et étonnement, joie d'un nouvel espace aussi. Vous savez, c'est l'abbaye même qu'il est bon de remercier, ce lieu n'est pas ordinaire, les énergies bousculent, murmurent,et chantent, le présent des journées sur notre petite planéte bleu.
Amitiés chaleureuses.
Patrick